Djiby Nalla Sy : « Macky Sall est le président de tous les sénégalais et un homme d’actions »

Responsable administratif et financier du Programme d’appui au PNIA-Programme national d’Investissement agricole- PAPSEN et conseiller du département de Matam élu sur la liste djikké mbamtaré (mouvement politique basé à Ourosogui), Djiby Nalla Sy analyse la victoire de Macky Sall au premier tour avec 58,26% des voix à la présidentielle du 26 février 2019. Selon lui la victoire de Benno Bokk Yakaar est due au bilan du premier mandat, des perspectives définies dans la deuxième phase du Plan Sénégal émergeant (PSE) et le ralliement de certaines personnalités de haute facture politique entre les élections législatives de 2017 et la présidentielle de 2019.

kabarujakka: Comment pouvez-vous analyser la réélection de Macky Sall au premier tour avec 58,26% ?

Djiby Nalla Sy: Un candidat sortant rempile, en principe, sur deux paramètres : son bilan et ses perspectives. Quand on regarde le bilan du président Macky Sall, on sait que le pays a été transformé dans le bon sens à travers le PSE, avec les trois axes principaux.

Macky Sall a fait des réalisations concrètes à pas-de-géant avec notamment la sécurité alimentaire et les transports. Le monde est à la fois si petit et si grand qu’il faut des infrastructures routières, aériennes et ferroviaires pour assurer une communication en temps réel.

Il y a eu des efforts financiers énormes pour la modernisation de l’agriculture à travers la maîtrise de l’eau, la reconstitution du capital semencier, la mécanisation du matériel agricole, la recherche et la mise en place des conseillers à l’agriculture.

Il a fait beaucoup de choses dans tous les domaines : Dans le social, avec les bourses de sécurité familiale, dans la santé avec la couverture maladie universelle, dans l’éducation et dans l’assainissement.

Ses perspectives sont définies dans la deuxième phase du plan Sénégal émergeant. Les citoyens, sachant que le président a bien travaillé et que ses perspectives sont bonnes, il ne peut y avoir de surprises s’il gagne au premier tour avec 58,26%. Je m’attendais même à avoir plus que ce qu’il a eu.

Est-ce que l’absence de candidats de certains partis à la présidentielle passée comme le PDS, l’AFP et le PS n’a pas été un facteur explicatif de la victoire de Macky Sall au premier tour ?

En 2017 lors des législatives, Benno Bokk Yakaar tournait autour de 49%. Ceux qui ont parrainé sa coalition sont composés des membres de la dite coalition et d’autres qui ont rallié la grande mouvance présidentielle. On peut citer Abdoulaye Baldé de l’UCS, Souleymane Ndéné Ndiaye, Modou Diagne Fada, …). Ce sont des personnalités qui pèsent quelques choses dans ce pays. Ses électorats et ceux de BBY en 2017 représentent plus de 50% des voix. Ce n’est que justice et logique.

Vu le bilan du président et ses perspectives, les 58,26% étaient le minimum requis. Les partis qui n’ont pas de candidat cette année étaient là en 2017. Malgré tout, BBY avait prés de 49%.

Quelles sont les attentes sociales des sénégalais durant son second mandat ?

Je me renvoie à son discours après la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel. Il a fait un excellent discours. Il pouvait dire que c’est son dernier mandat donc il n’a pas intérêt à s’ouvrir aux autres segments de la société. Mais il a convié tout le monde à un dialogue social. Que ce soient les partis de l’opposition ou de la société civile, personne n’est laissé en rade. Cela veut dire qu’il va faire une lecture très intelligente des résultats des urnes. Et là, j’ai bon espoir que les préoccupations de tous les sénégalais seront prises en compte par le président.

Durant son premier mandat, il y a eu des grèves au niveau des secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice. Est-ce qu’on peut s’attendre à la reprise de ces grèves dans ces secteurs et ailleurs ?

Durant son premier mandat, il avait fait appel à un dialogue. Certains avaient répondu tendis que d’autres ne l’avaient pas. Le boycott de certains avait provoqué les grèves notées ces dernières années.

Il est réélu et il a fait un autre appel. Souhaitons que tous les segments répondent. Tout le monde doit répondre à l’appel du président de la République. On doit se parler entre sénégalais et entre responsables. Quand il nous dira où se trouve le pays, là où on va et comment y aller, les gents comprendrons et seront ce qu’il faut réclamer et ce qu’il ne faut pas réclamer.

Durant ses sept ans à tête du pays, je n’ai pas vu trop le gouvernement s’engager par rapport à des promesses qu’il ne pouvait pas tenir, c’est heureux ! Pour l’essentiel, il s’engage sur des choses dont il est sûr de pouvoir réaliser. Donc s’il y a dialogue, j’ai bon espoir que durant son second mandat, il y aura moins de grèves, parce qu’il veut maintenant que tout le monde passe à l’action. Il est le président de tous les sénégalais et il est un homme d’actions.

L’opposition est-elle disposée à répondre à l’appel au dialogue du président Sall au moment où certains ne reconnaissent pas sa réélection ?

De toute façon, il y a des partis de l’opposition qui se sont signalés. Que je sache que les présidents Madické Niang et El Hadj Issa Sall ont dit oui au dialogue. Le parti de Ousmane Sonko n’a pas donné de réponse officielle de même que la coalition Idy 2019.

Connaissant un peu les hommes et sachant qu’ils tirent tous vers la même direction, je ne vois pas pourquoi ils ne répondront pas positivement à l’appel du président de la république.

Quel appel avez-vous à lancer à l’endroit des sénégalais ?

L’appel que je voudrais lancer, c’est d’abord dire et rappeler au sénégalais que nous sommes dans un pays, le Sénégal. Et le Sénégal est un et unique. Qu’on soit d’une ethnie ou d’une autre, on a les mêmes ascendances. On doit savoir qu’on est tous dans une nation et ce qui nous lie est de loin différent de ce qui nous sépare. Donc éviter aussi de faire des ségrégations dans les confréries ou dans les religions. La confrérie ou la religion n’enlève en rien la « sénégalité ». Nous sommes tous égaux et nous avons les mêmes droits et les mêmes devoirs. Et pour aider le président, il faut éviter les ségrégations ethniques, confrériques et religieuses.

Par Oumar BA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *