Bababé : « Nous demandons au gouvernement de penser à nos cadres qui chôment »


Député, de 2013 à 2018 pour le parti de l’Union Pour la République, UPR, Mika Birame Fall, dentiste de formation a accepté de répondre aux questions de l’envoyé spécial de kabarujakka à Bababé, Oumar Ba. Dans cette interview, il reconnaît que durant tout son mandat, il n’a fait aucune réalisation concrète pour la population. Il appelle le gouvernement à trouver une solution aux jeunes diplômés du département qui ne travaillent pas et qui ont voté pour l’UPR aux différentes élections de septembre 2018.
Comment pouvez-vous expliquer le changement de candidat de l’UPR pour les élections législatives à Bababé de septembre 2018 ?
J’ai été député du département de Bababé de 2013 à 2018. Le mandat était de cinq ans. À la fin du mandat, c’est la population qui choisit celui qui doit être son candidat. Cette fois, le choix a été porté à Sow Oumar Abdoulaye.
Il n’y a aucun problème. Parce que chacun a le droit d’être candidat. Il a prétendu et il a eu gain de cause. Tous les militants du parti ont approuvé le choix. C’est un consensus au niveau du département et de la commune de Bababé.
Il a rejoint le parti au pouvoir pour être son candidat. C’est ainsi que la base politique de l’UPR a soutenu sa candidature. Et les électeurs ont voté pour lui pour être élu dès le premier tour.
Est-ce qu’il peut incarner l’espoir de toute la population ?
Je crois que la population peut avoir un grand espoir chez lui. Il était dans l’opposition avant de regagner l’UPR. Pour faire quelque chose, il faut être avec le pouvoir.
Qu’est-ce que vous avez pu réaliser durant votre mandat ?
Je n’ai enregistré aucune réalisation concrète durant mon mandat, pour dire la vérité. Mais j’ai fait des interventions partout. A chaque fois que quelqu’un me sollicite une aide, je pars avec lui à la rencontre de la personne qu’il cherche pour essayer de régler son problème.
Les députés défendent beaucoup de projets à l’Assemblée nationale. Nous parlons et discutons avec des ministres pour résoudre certaines équations. Malgré ces rendez-vous, rien n’a aboutit.
Pour le cas du programme Emel, j’ai introduit trois demandes au profit des localités de Dioudé Diéry, de Abdallah Diéry et de Bababé. Finalement, il n’y a eu que la boutique de Abdallah Diéry qui a été accordée.
Est-ce que donc c’est un signe d’échec ?
Je ne peux le confirmer. J’ai satisfait les demandes de certaines personnes, comme des enseignants, qui voulaient changer d’école ou de localité où ils sont affectés. Donc, je ne peux pas dire que c’est un échec ou un progrès.
La population du département de Bababé attendait de vous le démarrage de l’exploitation des phosphates de Bofal pour absorber le chômage et une solution définitive à l’aménagement des 150 hectares du walo de Bababé. Où se trouvent les blocages ?
Les gens parlent du projet d’exploitation des phosphates de Bafal. C’est une opportunité que le pays veut exploiter. Mais il n’a pas encore trouvé de repreneur. L’exploitation du projet a fait l’objet de discussions à l’Assemblée nationale à plusieurs reprises. Mais l’Etat n’a toujours pas trouvé d’interlocuteurs pour le démarrage de l’exploitation.
Pour les 150 hectares de Bababé, le blocage se trouve, d’une part, au niveau de Bababé-ville. Les habitants ne se comprennent pas sur le projet d’aménagement. D’autre part, il se trouve au niveau du ministère de l’Agriculture.
Lorsque l’ancien ministre est venu à l’Assemblée nationale pour expliquer que tous les projets initiés ont été réalisés dans les meilleures conditions, j’ai intervenu pour lui expliquer que le nôtre n’a pas été une réussite. Il m’a demandé de lui rendre visite dans son bureau pour étudier le dossier.
Après son départ, j’ai rencontré son successeur qui a confirmé que le dossier n’a pas été suivi par son équipe. Je suis revenu expliquer aux intéressés de Bababé que le dossier n’est pas reçu par l’actuel ministre. Jusqu’à présent, ils sont là et ils ne font rien pour le dossier.
Le projet des 150 hectares a provoqué plusieurs cas de noyades, ces dernières années. Où se trouve la responsabilité ?
On a perdu beaucoup de vies humaines et d’animaux. C’est le manquement des autorités locales. Elles devaient, à l’approche de la saison des pluies, remblayer le terrain ou mettre des panneaux indiquant les dangers pour prévenir les usagers.
La Mauritanie a un nouveau gouvernement dirigé par Mohamed Saleck Ould Bechir. Le département de Bababé où l’UPR a remporté toutes les élections de septembre 2018 n’a aucun membre du gouvernement. Est-ce que c’est logique ?
Le jeudi passé (le premier novembre ndlr), le Wali du Brackna a organisé une réunion à Bababé avec tous les responsables politiques et les cadres de la commune qui étaient sur place. J’ai eu l’occasion de prendre la parole. J’ai rappelé que tout le département de Bababé est avec le gouvernement mauritanien, parce que c’est un département qui est à 100 % acquis par l’Union Pour la République. Les trois maires du département sont de l’UPR et le bureau municipal de Bababé l’est également. J’ai demandé au Wali d’être notre interlocuteur devant le gouvernement mauritanien et de lui dire qu’on a des jeunes cadres qui ne travaillent pas. L’État n’a qu’à penser à ceux-là.
Tout ce que l’État demande, nous le faisons. En réplique, nous demandons au gouvernement de penser à nous, à nos jeunes cadres qui chôment.
Et si aucune nomination n’est faite pour les cadres du département, allez-vous changer de camp pour exprimer votre colère ?
On ne changera pas de camp parce que l’opposition ne peut rien faire. Je peux dire qu’il n’y a pas d’opposition en Mauritanie. La plupart des opposants sont des mécontents, parce que leurs avantages ont été retirés.
Tout ce qu’on cherche est avec le gouvernement. Si on quitte le pouvoir, ou va-t-on aller ? Avec l’opposition, on n’aura rien. Même si l’État ne fait rien, nous resterons avec lui. Parce qu’il y a d’autres problèmes qui sont là, qui ne sont pas des problèmes de domination. La population est confrontée à plusieurs formes de problèmes, devant la police et la gendarmerie. Quand nous intervenons, les gens nous écoutent, c’est ça qui est intéressant !
Lors du référendum de 2017, étiez-vous pour les changements ?
J’ai toujours été du côté du parti.
Donc, vous aviez voté Oui ?
Bien sûr ! J’étais avec l’UFD avant d’être fervent militant du PRDS. Lorsque ce dernier est parti, j’ai rejoint l’UPR. Depuis lors, je suis toujours avec le gouvernement.
Êtes-vous satisfait de la gestion du président ?
Je suis très satisfait. Je peux dire et témoigner à haute voix que le président de la République a bien travaillé.
En cas de changement de la constitution pour permettre à Aziz d’être candidat pour un troisième mandat en 2019, allez-vous soutenir sa candidature ?
Je le soutiendrai. J’ai vu ce qu’il a fait et ce qu’il a réalisé. En matière d’infrastructure rien, ne manque aujourd’hui. Là où le bas blesse, c’est au niveau des nominations.
Il a bien travaillé. Et si tous les autres présidents avaient fait ce qu’il a fait, la Mauritanie allait dépasser ce stade.
Et s’il ne sera pas candidat ?
S’il décide de ne pas se représenter, je vais soutenir le candidat qu’il désignera. Car certainement, il sera le meilleur puisqu’il sera choisi par le président. Ainsi, il va continuer les chantiers que le président a entamés.

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