Bambo Touré : « Si on mange dans les restaurants du campus, c’est parce qu’on n’a pas de choix »

Avec la diminution des prix de restauration dans les universités publiques du Sénégal, la qualité s’est davantage détériorée et l’accès aux guichets pour l’achat des tickets de restauration est devenu plus difficile qu’avant.

Assis sur une chaise blanche, devant un plateau rempli de riz au poulet qu’il a abandonné, Bambo Touré, étudiant en deuxième année en journalisme, est fâché et regrette son déplacement. Deux fourchettes lui suffisent pour se débarrasser de son plat. « Déception totale au resto Self, du « thieb » sans saveur, avait-il publié la veille sur son statut « WhatsApp ». La qualité du service de restauration s’est détériorée davantage, depuis le début du mois de juillet. Si on mange ici, c’est parce qu’on n’a pas de choix ».
Le premier juillet 2018, les prix des tickets de restauration ont enregistré une baisse de 50 FCFA pour le déjeuner et de 25 FCFA pour le petit-déjeuner. Cette décision est intervenue suite à la rencontre entre les étudiants et le président de la République, Macky Sall après la mort de Fallou Sene à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis lors des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants, le 15 mai 2018. « Depuis lors, l’accès, aux restaurants et aux guichets, est devenu beaucoup plus difficile, car le nombre d’étudiants qui viennent se restaurer au campus a connu une hausse, explique-t-il. Il y a des étudiants qui ont du mal à se procurer des tickets de restauration. Ils restent parfois deux à trois jours sans pouvoir acheter de tickets ».
Argentin, Central et Self assurent quotidiennement la restauration des étudiants au grand campus. Actuellement, il est difficile de les classer selon la qualité du service offert. Cependant, certains préfèrent celui qui vient de s’ouvrir après deux ans de fermeture pour des travaux de réfection. « Ceux qui préfèrent aller à l’Argentin, sont attirés par le luxe et la propreté des salles même si leurs plats n’ont pas beaucoup plus de saveurs que les autres. Tendis que d’autres choisissent les anciens à cause de la proximité et de la quantité », avance Monsieur Touré.
Sur les tables, on trouve des plats dépourvus de tout abandonnés et des cuillères qui traînent partout. « C’est compliquer de venir après une longue journée trouver des plats sans saveur ni de goût, constate-t-il en colère. Ils doivent faire un peu d’effort et mettre en place des agents qui surveillent l’alimentation au quotidien en associant des étudiants ».
Au campus social, les animaux domestiques sont présents partout. On retrouve dans les restaurants des chats qui viennent profiter de la générosité des étudiants pour croquer des résidus des plats. Ils troublent la quiétude en créant la panique chez certains individus. « Leur présence nous perturbe et nous coupe l’appétit de manger », dénonce-t-il.

Au central, les conditions sont déplorables. Avant de trouver des places disponibles pour déjeuner, les étudiants sillonnent toute la salle. Si certains préfèrent, pour gagner du temps, manger par terre dans un coin à l’abri des passages, d’autres préfèrent rester débout pendant quelques minutes à côté attendant qu’une chaise soit libérée par son prédécesseur pour entamer son repas. Ici aussi, l’environnement n’est pas attractif et les robinets et ventilateurs ne fonctionnent pas bien.
Oumar BA

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