BABABE : les élèves des localités environnantes oubliés

Ils sont des élèves et résidents des autres villages de la commune. Pour faire cours au collège de Bababé, ils marchent des kilomètres le matin et l’après-midi.

Le collège de Bababé est un établissement qui couvre toutes les localités de la commune. Une partie de ses élèves viennent des villages de Dioudés, d’Abary et de Fondé, Wouro Dialaw, Wane-Wane, etc. situés respectivement à près de cinq, sept et trois kilomètres du lycée. Ils font la navette entre leurs domiciles et ledit établissement. Chaque jour pour venir faire cours, ils quittent tôt le matin sans prendre le petit déjeuner, pour ne pas être en retard. L’après midi, ils rentrent à quatorze heures sous le soleil de plomb, sous le regard indifférent des autorités et associations. À la rentrée, ils achètent du pain et de la crème glacée qui seront utilisés comme provision en cours de route.

Le deuxième trimestre, d’avril à la fin de l’année scolaire, est la période la plus difficile pour ces apprenants. Ils subissent un climat insupportable avec de très fortes canicules. Dans cette zone, les températures atteignent souvent le pic de 45°. Pour être à l’abri de la chaleur certains élèves préfèrent fuir les cours de 12 à 14 heures.

Rares sont ceux qui ont les moyens de débourser 400 (ancien ouguiya) pour les habitants d’Abary et 200 pour les autres pour les frais de transport sans compter les autres dépenses supplémentaires. Pour les charrettes, les autres payent la moitié pour avoir une place. Difficile d’assurer un tel financement si on sait que la plupart des familles sont de simples cultivateurs qui peinent à assurer les trois repas par jour. Ce sont les filles, les plus vulnérables, qui utilisent ces moyens de transport. Elles n’ont pas les moyens mais, elles sont obligées car les tâches ménagères les attendent à la maison.

Mbaye Abdarahmane est un ancien professeur de Mathématiques au lycée de Bababé. Il reconnaît que les conditions dans lesquelles les élèves apprennent sont très difficiles et qu’elles ne datent pas d’aujourd’hui.

Avant l’entrée en vigueur du nouveau planning des cours, les journées continues, les élèves de ces localités rentraient chez les correspondants à Bababé pendant les heures de pause, c’est-à-dire entre 12 et 15 heures. À la descente, à 18 heures, à l’approche du coucher du soleil, ils rentraient au village profitant de la fraîcheur du soir. La réalité a changé puisque ces dernières années, ils font cours de huit heures à quatorze heures du lundi au jeudi et de huit heures à douze heures, les vendredis.

Cette nouvelle disposition des cours a augmenté la souffrance des enfants et accentué la déperdition scolaire. C’est ainsi que les parents d’élèves ont dénoncé et fait des requêtes auprès des autorités administratives. Ils veulent un moyen de transport des élèves de toute la commune. Leur demande est jusqu’à présent sans suite.

Ni la mairie encore moins les associations des jeunes ressortissants de ces villages ne soutiennent ses potaches vivants dans les régions quasi-pauvres, où le gouvernement peine à lutter contre le chômage des jeunes. Pendant ce temps, les politiciens payent les écoles privées pour l’enseignement de leurs enfants et des chauffeurs pour leurs transports.

Les questions que les habitants se posent souvent sont de savoir quel est le rôle des élus locaux et ou est le minibus hérité de l’ancienne mairie.

Les ressortissants de ces villages à l’étranger ou dans certaines villes du pays, même s’ils ne sont pas nombreux, ferment les yeux et renvoient la responsabilité aux politiciens. ils utilisent les réseaux sociaux pour critiquer la gestion des affaires de la cité. « Je n’ai pas vu la participation des associations des jeunes allant dans le sens d’épauler les élèves, remarque le deuxième adjoint au maire.

Il faut que l’initiative vienne d’abord des jeunes. D’autant plus que nous, parent d’élèves, n’avons pas trouvé de solution ».

Un véhicule ou une subvention du coût du transport au profit des élèves de la commune est une des attentes de la population. Les candidats aux prochaines élections municipales et législatives ont déjà une équation à résoudre.

BA Oumar (kabarujakka.com)

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