Je ne me sentais pas bien à l’UCAD et l’ENA était ma porte de sortie

Bangaly Tounkara est bachelier en 2016 à l’âge de 22 ans. Originaire de Tambacounda où il a obtenu son baccalauréat, série L2, il a intégré depuis octobre 2017 l’École nationale des arts –ENA- après avoir réussi le concours d’entrée. Malgré son échec en 2016 il est allé bien préparer sa deuxième candidature avec un seul but : réussir le concours. Étudiant en Anglais à l’UCAD dans les conditions difficiles en première année, il ne cherchait que la porte de sortie pour mieux entretenir sa vie professionnelle à l’ENA. Il livre ici son témoignage.

“Au tout début, l’université n’était pas mon ambition. Avant les orientations, le directeur du centre culturel de Tambacounda m’a appelé pour me donner des conseils. Je me suis entretenu avec lui. Il m’a parlé de l’école nationale des arts de Dakar et m’a poussé à faire le concours. C’est une école d’animation culturelle. Étant acteur culturel et manager d’un groupe de rap  du nom de BM système – Batxalou Mbed en français la voix des sans voix-  qu’on ne présente plus à Tambacounda dans l’informel depuis la classe de seconde, j’ai accepté sa proposition et j’ai préparé mes dossiers pour le concours.

Au mois d’octobre 2016, j’ai fait le concours à Dakar et malheureusement je n’étais pas admis. La liste des orientations est sortie le mois suivant et je suis orienté à l’Université Cheikh Anta Diop au département d’Anglais. Vu que je devais continuer mes études, même si je n’étais pas motivé, j’ai fait les inscriptions pour commencer les enseignements avec mes camarades. J’avais choisi, comme premier choix, le département LM –Lettres Modernes- de la faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) et l’Anglais était mon deuxième. Voir mon nom sur la première liste des étudiants qui doivent faire Anglais c’est-à-dire parmi les meilleurs m’a encouragé à rester à l’université parce que j’étais, quand même, heureux d’être sélectionné.

À l’UCAD, je ne me sentais pas bien et la méthode d’enseignement me dérangeait. Les conditions étaient tellement difficiles, ce n’était pas facile ! Étant passionné du monde culturel, je me suis dit quoi qu’il en soit je vais refaire le concours et réussir. Mon ambition, c’est d’avoir une reconnaissance au niveau national et international à travers la culture et je remercie le bon Dieu de m’avoir accordé la chance de réussir le concours cette année, septembre 2017.

Réussir le concours d’entrée à l’ENA est une porte de sortie de l’UCAD et je deviens heureux avec cette formation. Je me sens très à l’aise et j’ai formé avec mes camarades une famille dans cette école dès le début des cours. Je passe plus de temps actuellement avec mes camarades qu’avec même ma famille. Les conditions pédagogiques de l’ENA sont meilleures que celles de l’université car nous faisons une formation professionnelle sur place contrairement à l’université où la formation est plus orientée vers la théorie. Nous enregistrons moins de perturbations à l’ENA.

J’aimerais me spécialiser à partir de la troisième année en management culturel car c’est mon domaine. Je rêve aussi rejoindre la France ou l’université d’Alexandrie de  l’Égypte pour faire les deuxième et troisième cycles.

Avec cette formation, contrairement à la majorité des sénégalais qui attendent des emplois de l’État, je voudrais monter mon entreprise pour ne pas travailler au profit de quelqu’un et aussi créer des emplois pour la jeunesse. La population doit mettre dans leur tête que l’État ne peut pas recruter tout le monde et dans ce cas, on doit pouvoir monter des affaires personnelles en suivant une formation et à la fin essayer d’entreprendre.

Le fait de voir des étudiants de master restés sans activités me dérange. Ils n’avaient pas compris le système auparavant c’est pourquoi ils sont entrain de payer leur propre formation maintenant pour ceux qui ont les moyens bien sûr afin de corriger leurs erreur. C’est inadmissible de faire près de cinq ans d’étude avec l’appui financier des parents sans revenus qui sont au village et de se retrouver sans profession. Depuis la première année, l’étudiant doit faire un concours ou une formation qui lui permettra de faire son business et ne pas attendre de l’État un emploi. Il faut combiner les formations professionnelle et théorique pour s’en sortir.

Je conseille mes frères et sœurs, après avoir eu le bac, d’essayer de faire des concours et des formations pratiques parce que dans les entreprises, on demande le plus souvent des qualifications et non des diplômes de master en Géo, économie ou en Anglais. Ce sont les écoles de formations professionnelles qui nous permettent de répondre aux exigences du marché du travail. “

Je ne me sentais pas bien à l’UCAD et l’ENA était ma porte de sortie

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